SDAGE Ouémé

REALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR D'AMENAGEMENT ET DE GESTION DES EAUX DU BASSIN DE L'OUEME (SDAGE-OUEME)

 

 

 

 

Résumé


I. Présentation générale

La République du Bénin a adhéré à la dynamique régionale et internationale pour une meilleure gestion des ressources en eau par l’approche GIRE (Gestion Intégrée des Ressources en Eau).   L’élaboration et la mise en œuvre du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) d’un bassin hydrographique s’inscrit aussi dans le processus de mise en œuvre de la GIRE et constitue le troisième outil de planification après la politique nationale de l’eau et  le plan d’action national de gestion intégrée des ressources en eau. Dans le cadre de son Programme Pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA) soutenu par les PaysBas, la Direction Générale de l’Eau (DG-Eau) du Ministère de l’Energie, des Recherches Pétrolières et Minières, de l’Eau et du Développement des Energies Renouvelables (MERPMEDER) a inscrit l’élaboration du SDAGE du Bassin de l’Ouémé comme activité importante. Ce schéma vise à capitaliser les différentes initiatives prises en termes de connaissance dudit bassin, mais surtout à mettre à la disposition des acteurs de la gestion des terres, des eaux et des écosystèmes associés, un outil de planification multisectorielle intégrée et un programme d’investissement jusqu'à l’horizon 2025, facilitant la prise de décisions. La partie Béninoise du bassin de l’Ouémé couvre une superficie estimée à 47 218 km² soit 41,14% du territoire national. Il est à cheval sur huit (08) départements et couvre tout ou partie de 48 communes sur les 77 que compte le pays. Elle abrite  une population estimée à 6 millions d’habitants1


II. Problématiques et enjeux

, soit
environ 44% de la population totale. Elle a été subdivisé en quatre (04)  sous-bassins à savoir : les sous-bassins du Zou, de l’Okpara, de l’Ouémé Supérieur et de la Basse et Moyenne Vallée de l’Ouémé. Les projections de population à l’horizon 2025 donnent une population de 9 695 000 habitants dont 52,6% vivant en milieu urbain et 47,4% en milieu rural.


Les principales problématiques liées au développement de la GIRE sur le bassin de l’Ouémé sont de plusieurs ordres : − Des ressources en eau importantes avec un régime irrégulier, non maitrisé, pas assez connues, faiblement mobilisées pour des usages à buts multiples (irrigation, hydro-électricité, etc.), dégradées par une pollution massive et vulnérables aux effets des changements climatiques, se manifestant pas les inondations récurrentes et de plus en plus coûteuses et par la fragilisation des écosystèmes aquatiques en particulier dans la zone côtière du Sud;  − Des ressources en eau faiblement valorisées pour leur faire jouer le rôle qui est le leur dans la croissance économique, malgré les  importants potentiels en irrigation, hydro-électricité, navigation, élevage,  pêche et écotourisme; − Des ressources naturelles  (flore, faune, écosystèmes aquatiques, sols)  riches et variées dans un état de dégradation préoccupante; − Une population essentiellement rurale, tirant ses moyens de subsistance des ressources naturelles du bassin, dans un milieu marqué par l’exacerbation des conflits d’usages, l’exode rural et une sécurité alimentaire fragilisée, et dans un cadre de pauvreté généralisée touchant les zones les plus démunies et les groupes les plus vulnérables des femmes rurales et des jeunes sans emploi; − Des activités d’agriculture, d’élevage et de pêche, caractérisées par des techniques traditionnelles non adaptées et un niveau d’intensification rudimentaire, avec l’état embryonnaire de l’irrigation, la dominance de l’élevage transhumant et l’exploitation abusive de ressources halieutiques;

 

 1 L’estimation de la population totale est basée sur les estimations de la population de l’INSAE 

Elaboration du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des eaux du Bassin de l’Ouémé
Rapport SDAGE  Version finale  
GROUPEMENT STUDI INTERNATIONAL /SETEM-BENIN   10  


− Des retards dans l’atteinte des OMD en matière d’accès à l’eau potable et à l'assainissement, aggravés par d’importantes disparités d’accès entre Départements et entre milieu urbain et milieu rural; − Une gouvernance de l’eau en quête d’un cadre fonctionnel et opérationnel et un dispositif institutionnel du Ministère et de la DG-Eau souffrant de plusieurs insuffisances relevées sur les plans organisationnel et opérationnel et inadaptés à la GIRE et au SDAGE.

 

III. Orientations stratégiques du SDAGE

Le SDAGE en termes de planification stratégique et opérationnelle s’inscrit dans les grandes orientations de la politique nationale de l’eau et s’articule avec les objectifs et les domaines du PANGIRE. Sur cette base, et pour répondre aux différents problématiques et défis /enjeux qui ressortent du bilan diagnostic participatif du bassin de l’Ouémé, les orientations stratégiques du SDAGE se présentent comme suit :   

• Réduire et contrôler des pollutions des milieux aquatiques ;

• Assurer un développement institutionnel et un renforcement des capacités de la DG-Eau ;

• Améliorer les connaissances et le suivi des ressources en eau et de leurs usages ;

• Mobiliser et valoriser les ressources en eau pour satisfaire les utilisations économiques ;

• Assurer un accès équitable et durable à l’eau potable et à l’assainissement pour les populations du bassin. IV. Objectifs quantitatifs Une analyse de l’offre et de la demande relatives aux différents usages de l’eau, a permis de dresser les objectifs quantitatifs à différents termes, pour servir de cadre de comparaison des scénarii d’aménagement proposés. Les principaux objectifs quantitatifs cibles sont les suivants :

• Mobiliser de façon optimale au minimum 3 milliards de m3 d’eaux de surface pour des usages à buts multiples et une partie suffisante des 755 millions de m3 de ressources en eau souterraine, principalement pour satisfaire les besoins en AEP;

• Développer la riziculture, la culture du maïs, les cultures maraîchères et la culture de l’ananas sur une superficie totale de 166 mille ha pour atteindre une production vivrière additionnelle de 1 750 000 tonnes à l’horizon 2025;

• Satisfaire l’abreuvement de plus de 2 millions d’UBT et augmenter la production  piscicole de 80 mille tonnes en 2025;

• Mettre en valeur le potentiel hydro-électrique du bassin par la réalisation, à l’horizon 2025, de 3 aménagements, offrant une énergie moyenne de 596 GWh, et contribuer à satisfaire les besoins énergétiques du Bénin, avec une part de 14,5% à l’horizon 2025;

• Atteindre les OMD à l’horizon 2015 pour l’eau potable en milieu urbain (75%),  pour l’eau potable en milieu rural (67%), pour l’accès aux services d’assainissement familiaux améliorés (69 %), pour l’accès aux services d’assainissement semi-collectifs (100%), renforcer le contrôle des rejets des unités industrielles (100%), réduire l’incidence du paludisme à 10 pour 100 hab. A l’horizon de 2025, la cible est d’atteindre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, conformément à la vision eau 2025;

• Restaurer les ressources naturelles, à l’horizon 2025, par le reboisement de 150 000 ha, par la CES/DRS de 5% des bassins versants des barrages projetés, par l’aménagement et l’équipement de 700 km de couloirs de transhumance et par la protection des berges du cours d’eau principal et de ses deux affluents sur 5283 ha, et promouvoir l’écotourisme dans le bassin pour attirer 140 mille visiteurs au même horizon;

• Renforcer le contrôle de la pollution des eaux par l’installation/la réhabilitation et l’équipement complémentaire de neuf laboratoires de contrôle, et la réalisation de neuf décharges contrôlées avec les points de collecte, à raison d'un laboratoire et d’une décharge par Département; 

 

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